Va-nus-pieds

Chez nous, à moins d’avoir froid ou de marcher sur des cailloux, nous aimons vivre pieds nus. Ressentir la fraîcheur du carrelage, le moelleux de l’herbe, … c’est toute une palette de sensation qui s’offre à nos voûtes plantaires.C’est dans cet esprit que, passés les tous premiers mois de June durant lesquels elle ne portait que des pyjamas avec pieds intégrés, nous avons libéré ses petits petons. Après tout, les pieds sont un peu comme une deuxième paire de mains pour les bébés. Il aurait été dommage de la priver d’une partie des découvertes sensorielles qui rythment sa jeune vie. Et puis il nous a semblé que c’était tout de même bien plus commode d’apprendre à se retourner puis à se déplacer si ses orteils pouvaient gripper les surfaces, ce qui est impossible à faire avec des chaussettes aux pieds, je vous prie de me croire !

J’ai mis du temps avant d’oser faire de même dehors. La peur des piqûres d’insectes y était pour beaucoup. Une sombre histoire de bourdon s’étant retrouvé coincé entre la pelouse et la plante de mon pied lorsque j’avais une huitaine d’années m’avait rendue extrêmement méfiante. Mais à force de voir ce genre de scène :

Mon amoureux aux pieds nus.

J’ai finalement réussi à me détendre. Aujourd’hui j’apprécie moi aussi faire le tour de notre jardin plein de hautes herbes en tous genres et de bébêtes de tous poils pieds nus, connectée au sol et à son énergie. Et je suis bien contente que toute la famille en fasse autant !

Je n’ai pas pu m’en empêcher :-p

L’art de ne pas être une fée du logis

J’ai toujours été bordélique et pas trop portée sur le ménage. Chez ma mère, ma chambre était souvent jonchée de montagnes quasi infranchissables et il était assez rare que j’y passe un coup d’aspirateur. Plus tard, j’ai exaspéré mes colocataires qui me voyaient rentrer la première à l’appartement sans jamais penser à faire un coup de propre. Bon, je faisais les courses, les lessives et à manger mais c’est vrai que la chasse au mouton de poussière ne m’emballait pas plus que ça. Puis j’ai eu pendant un an un petit appartement où je vivais seule avec mon chat et où Micka me rejoignait les week-ends. Là toutes mes affaires étaient entassées, la place manquait et le ménage c’était un peu quand j’y pensais. Nous étions heureux et moi ça ne me dérangeait pas. La vaisselle qui s’amoncelait dans l’évier ne m’empêchait pas de dormir, pas plus que mes vêtements secs qui restaient sur l’étendoir jusqu’à ce que je les porte à nouveau, ni même les draps de mon lit que j’étais loin de changer toutes les semaines. Que voulez-vous ? Nous sommes inégaux face au bazar et à la saleté, et on peut dire que dans ce domaine je donne plutôt dans la résistance.Plus tard nous nous sommes installés dans notre première maison et il a fallu procéder à quelques ajustements. Je ne crois pas mentir en disant que chez les parents de Micka l’aspirateur est dégainé au moins une fois par jour, il n’y a jamais de vaisselle dans l’évier, tout a une place bien définie et est organisé au millimètre. Les pauvres, ils devaient espérer tout autre chose pour leur fils. Je ne repasse pas mon linge, rendez-vous compte !Quand Aaron est né, j’ai arrêté de travailler dans l’idée de pratiquer l’instruction en famille. J’ai donc le statut ô combien flatteur de femme au foyer. Magnifique, non ? Pour la société je passe donc mes journées chez moi à astiquer des bibelots et à préparer à manger pour que mon homme qui a gagné l’argent de notre famille n’ait plus qu’à glisser ses pieds sous la table. En fait non. Enfin, je fais à manger parce que ça me fait plaisir. J’aime cuisiner. Mais j’ai mieux à faire que de passer ma vie à faire les poussières ;)Aujourd’hui nous en sommes à deux déménagements communs avec à chaque fois un tri assez conséquent de ce qui nous suit et de ce dont on se déleste. Avec la diminution de nos possessions, j’ai découvert quelque chose qui m’a surprise : j’apprécie lorsque ma maison est propre et bien rangée. Dingue !Mois après mois, nous parvenons de mieux en mieux à maintenir un intérieur agréable et je dois bien avouer que je suis fière de nous.Même s’il y a parfois encore des ratés.